Tràm Chim, un écomusée dans le delta du Mékong

Le parc national de Tràm Chim se trouve dans le district de Tam Nông, à 45 km du chef-lieu de Cao Lanh, province de Dông Thap. Il est un modèle de l'écosystème en zone humide de la Plaine des Joncs (Dông Thap Muoi).
Appelé Tràm Chim (les oiseaux) pour les nombreuses espèces qui peuplent la forêt de cajeputiers (tràm), le parc occupe un dixième de la superficie totale de Dông Thap Muoi. Véritable écomusée, il recouvre plus de 7600 ha et abrite une faune et une flore très diversifiées. Ainsi, 231 espèces d'oiseaux aquatiques y trouvent refuge, soit le quart de l'avifaune nationale. En outre, 50 espèces de poissons et 140 variétés de plantes médicinales y sont répertoriées. 

En 1998, Tràm Chim était reconnu parc national. Devenu écomusée et centre touristique écologique, il fait la réputation du delta du Mékong. Pendant la saison sèche, de février à juillet, des bandes de grues s'y installent par colonies entières pour chercher de la nourriture, offrant aux visiteurs une scène spectaculaire. Dans le parc, on peut glisser en barque entre les buissons de cajeputiers pour observer de près les nids et les œufs de ces divers oiseaux, admirer les cigognes nageant et se lissant les plumes à quelques mètres de nous. Quand l'eau descend, les plaines redeviennent royaumes des algues, des nénuphars, des lotus et du riz sauvage.

Nguyên Huu Thiên, conseiller des projets sur la protection des régions submergées du Fonds mondial pour la nature (WWF) au Vietnam, explique que le parc national de Tràm Chim satisfait 7 des 9 normes de la Convention de Ramsar sur les zones humides. Il figure également parmi les 8 sites de préservation de l'avifaune les plus importants du pays. Ce parc dispose en outre d'un écosystème unique en Indochine. C'est pourquoi, beaucoup d'organisations internationales s'y intéressent par le biais de projets de protection de la nature.

En avril 2008, le WWF et le groupe américain Coca-Cola présentaient dans la ville de Cao Lanh (province de Dông Thap) un projet de conservation des zones humides dans le parc national de Tràm Chim. Ce projet, d'un budget annuel de 250 000 dollars, devrait s'achever vers 2011. À ce jour, la superficie d'herbes s'élève à 2700 ha et le nombre de grues à tête rouge, à 126 contre 41 auparavant.

L'écosystème submergé de Tràm Chim contribue à améliorer la qualité des eaux, à rétablir des nappes d’eau souterraines, à régulariser les crues et sécheresses en aval du delta du Mékong et de Dông Thap Muoi, ainsi qu'à réduire les conséquences du changement climatique.

La grue à tête rouge (grus antigone sharpii) est l'espèce "reine" du parc. Les chercheurs réputés, comme Jeb A.Barzen (États-Unis) et Kunni Momose (Japon), ont fait de pénibles voyages jusque sur ces terres pour photographier et étudier la grue à tête rouge.

D'une envergure de plus de 2 mètres, cet oiseau est un grand échassier de 8-11 kg inféodé aux vastes prairies et marécages tranquilles, menacé de disparition et figurant à ce titre dans la Liste rouge des espèces animales les plus rares du globe.

Bien que la grue à tête rouge soit considérée comme un oiseau, elle dort, niche et couve ses oeufs sur terre. Chaque année, elle en pond 2 qu'elle couve pendant un mois. À leur naissance, les 2 petits se battent avec une violence inouïe, entraînant la mort ou l'abandon du plus faible. Un phénomène jusque là inexpliqué mais c'est pour cela qu'une famille va toujours par 3. Après des années d'observation, les photographes et scientifiques ont découvert plusieurs choses intéressantes. Par exemple, la femelle dotée de grosse tête est plus grande que le mâle. Ce dernier dispose d'une voix enrouée. Lors de la saison de reproduction, la femelle "attaque" le mâle. La longévité d'une grue est de plus de 30 ans.

Pour les Vietnamiens, la grue à tête rouge incarne la puissance, la longévité ainsi que la fidélité.

Des rizières en terrasse - une beauté de la région du Nord-Ouest
 
En allant dans la région du Nord-Ouest à la saison de la récolte du riz, on reste confondu devant le spectacle grandiose des rizières en terrasse qui investissent les pentes les plus abruptes.
 
La beauté charmante de ces rizières en terrasse est source de créativité artistique, notamment pour la peinture.

Les rizières en terrasse dans les provinces de Yên Bai, Lao Cai, Ha Giang sont présentes depuis des centaines d'années grâce au travail patient de plusieurs générations des habitants peuplés des régions montagneuses, ceux-ci sont issus des ethnies Dao, H'mong, Hà Nhi, Giay, Tày, Xa pho, Nung, Pa Di.

La riziculture en gradins a nécessité une organisation efficace afin que les rizières situées en amont ne compromettent pas l'irrigation de celles en aval, ce qui montre que ces ethnies minoritaires possèdent une technique élaborée, témoignant de leurs capacités à domestiquer la nature. Leur expérience dans la construction de ce type de rizières est transmise de génération en génération.

En octobre 2007, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a classé patrimoine national les quelque 500 ha de rizières en gradins situées dans les 3 communes de Zê Xu Phinh, La Pán Tân et Chê Cu Nha, district de Mù Cang Chai, province montagneuse de Yên Bái (Nord-Ouest).

Ce classement en tant que patrimoine national a pour but de reconnaître les ethnies qui ont su trouver une méthode adaptée de riziculture sur des terres accidentées et difficiles des monts et vallées, ainsi que pour lancer un appel à se comporter plus respectueusement envers l'environnement et la nature, a précisé Dang Van Bai, chef du Département des héritages culturels du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme.

Actuellement, outre les spécialités régionales, la population locale développe la culture de variétés locales de riz aux noms originaux tels que Lui Khoai, Mê linh xinh, Ta Lenh, ce afin d'attirer les touristes.

La province de Yên Bai projette d'élaborer un plan d'aménagement des villages culturels des H'mong ayant les plus belles rizières en terrasse, ce qui est conforme à la politique de préservation des activités culturelles des communautés, comprenant entre autres l'agriculture, la gastronomie, les tenues vestimentaires et les activités folkloriques.

Par ailleurs, des projets d'investissement dans la construction d'infrastructures, de routes et de maisons d'habitation seront réalisés pour favoriser le développement du tourisme.

L'exploitation économique de ces rizières en terrasse sur le principe de les préserver en tant que patrimoine culturel national contribuera à protéger et à exploiter les valeurs